Je me souviens par contre du départ de Maman pour
l’hôpital d’Hyères et de mon chagrin de la voir partir, sachant que c’était
Papa qui prenait la relève.
A l’époque, il y avait une bonne à la maison et je
suppose qu’elle devait s’occuper de nous et plus particulièrement de
Jean-Jacques.
Après, je me souviens être allé à l’hôpital voir Maman et ma
jolie petite sœur, prénommée Catherine. Les souvenirs suivants qui me
reviennent sont que Maman avait été transportée à Toulon à Ste Anne et que Papa
allait la voir très souvent le soir, en jeep conduite par un militaire.
Je me
rappelle que Rose-France et moi-même étions un peu livrés à nous-mêmes et
allions rendre visite à la famille du Colonel Derogis (6 fils), ce qui ne
plaisait pas du tout à Papa (j’en garde
un souvenir cuisant!!!!)
Maman est restée près de 9 mois à Ste Anne, Je crois
que c’est à ce moment là que Papa a racheté la voiture de Bon Papa, une énorme
Peugeot 302, puant l’essence. Papa la conduisait avec beaucoup d’appréhension
et s’arrêtait sur le bord de la route dès qu’un camion arrivait en face. Une
jeune femme dont le nom de famille était Ackermann est venue s’installer à la
maison et je crois me rappeler que Jean-Jacques est parti quelques temps chez
ses parents à Belfort, pendant que toi, Catherine étais accueillie chez Grand Maman,
Maman se traînait à ce moment là sur des coussins et se musclait les jambes sur
un appareil à rames. Ensuite Papa a racheté à Oncle Paul une 4CV Renault et je
me suis retrouvé en 1952, je crois, chez Mamy pour faire une si brillante 6ème
que on m’a demandé de redoubler l’année suivante. Entre temps, Papa était parti
au Viet- Nam où il devait rester 2 ans. A la rentrée 53, je me suis retrouvé
pensionnaire chez les maristes de la Seyne, couchant dans un petit dortoir de
145 lits, ce qui m’a changé quelque peu du confort de Nice.
Entre temps, Maman a pu passer son permis de conduire
et se séparer de la 4CV pour acquérir une magnifique 203 Peugeot immatriculée
129 BE 83, avec laquelle elle venait me chercher à la Seyne quand j’avais le
tableau d’honneur me permettant de sortir le dimanche après la messe, de 9H30 à
18H30...
Tu as dû revenir, Catherine en 1954 peu avant le
retour de Papa d’Indochine. Je n’étais pas là lorsque tu es revenue mais je
devais te voir le dimanche à la maison où tu avais repris ta place et je me
souviens que tu attendais le retour de Papa avec impatience. Ça t’a passé quand
il est revenu car il est resté 6 mois en vacances à la maison et il ne
supportait plus les cris des enfants ni qu’on parle à table... Après il a été
muté à Marseille, il rentrait uniquement le weekend puis il est revenu au 405ème
RAA à Hyères avant d’être muté en Algérie.
Tu me posais la question sur ce qui s’est passé en
Algérie au moment du Putsch. En fait Papa était pro de Gaulle, il s’est pris de
bec avec son colonel, pro Salan, a refusé de prêter du matériel à un bataillon
dissident, le colonel a retourné sa veste et c’est papa qui s’est retrouvé
devant un tribunal militaire et mis au vert pendant 6 mois en Algérie où il
faisait tous les jours de l’équitation dans les djebels et du tennis. Ce qui
était très imprudent de sa part à l’époque.
J’ai été très étonné d’apprendre que tu avais le
sentiment à certains moments de ne pas faire partie de la famille. Je pense que
tu as tort, jamais personne de la fratrie n’a fait allusion à quoi que ce soit
et Susie pendant le temps qu’elle a passé à la maison n’a jamais ressenti ce
sentiment. En ce qui me concerne, tu étais ma sœur et le gap d’âge entre nous
plus mon absence ne nous permettait pas d’avoir des contacts très étroits. En
tout cas je ne t’ai jamais reprochée la maladie de maman, ç’aurait d’ailleurs
été stupide.
Par
contre, je dois avouer que de 1953 à 1968 avec un intervalle d’un an en
1961 lorsque j’ai passé mon 1er bac à Hyères, je trouvais qu’il y
avait beaucoup trop de monde à la maison et j’aurais bien souhaité avoir
la possibilité de passer un peu plus de temps seul ou en comité restreint avec maman.
C'est vrai, la maison du bon Dieu disait on, ouverte à toutes et à tous dont la clef restait "sous le volet", où régnait une ambiance plutot détendue. .Cela changeait des permissions de papa, pendant lesquelles il fallait filer doux, éteindre les lumières et fermer les portes..Mamillon, barbée par les carcans bourgeois, militaire puis hospitaliers, pouvait finalement respirer un peu et gérer sa vie à sa guise ou plutot au mieux quand elle le pouvait, ayant quatre enfants à élever. Ton éloignement, l' éducation sévère de papa et celle dles Maristes t'avaient forgé une éthique et des principes solides à toute épreuve, il en était alors ainsi pour le fils ainé qui devait reprendre le flambeau et faire honneur à la famille. C'est vrai que tu n'avais pas tout à fait le genre de la maison quand tu débarquais le week end dans l'ambiance cool de Val-Fleuri avec ton uniforme bleu marine et tes souliers bien cirés. Comme personne n'accordait grande attention aux boudeurs (il faut dire que nous deux étions plutot chien et chat), drappé dans ta dignité ourlée de sentiments d'injustice, tu te retranchais vite dans le territoire sacré de ta chambre,
RépondreSupprimerHistoire de te rappeler à nous, tes deux disques entonnant inlassablement chaque dimanche le "Va pensier" du Nabucco de G.Verdi ou les Platters, faisaient sourire maman et à moi lever les yeux au ciel. L'époque prè-68 se préparait et déjà souflait déjà à Val-Fleuri une délicieuse brise de liberté qui t'agaçait sensiblement te faisant sentir étranger dans ta propre famille. A posteriori, je pense que j'aurai sans doute eu le meme sentiment si l'on avait pu m'envoyer en pension de la Lègion D'Honneur, projet prématurément échoué gràce au niveau de mes aptitudes scolaires. Un souvenir ému et choral envers toi cependant, Mamy comprise: le paquet de délicieux gateaux venant de la Seyne où l'on allait te chercher ...: )
J'ai aussi le souvenir de musiques militaires en plus des Platters dés les retour de La Seyne avec les petits gâteaux.
RépondreSupprimerCoté pâtisserie, je me souviens d' anniversaires de Rose-France célébré religieusement avec des pièces montées.
justissimo pour les marches militaires que j'avais oubliées...; ) faux pour les Pièces Montées, mes gateaux variantes plus modeste s'appellent encore St Honorés...
RépondreSupprimerExact, j'ai eu beau implorer tous les saints, celui du gâteau ne m'est revenu qu'après avoir posté mon commentaire. Il n'empêche que tu était la seule à avoir droit à ce gâteau, j'en déduis que les autres membres de la fratrie en préféraient d'autres ou bien n'avaient pas fait connaitre leur préférence
RépondreSupprimerbonne déduction. Ce droit en fait était un choix partagé bien volontiers par tout le monde... pas de souvenirs de vos gateaux..
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